La médina

Localisation

La Médina de Sfax est le centre historique de la ville côtière de Sfax, capitale du sud tunisien. Cette ville est la deuxième agglomération de Tunisie située à 270km au Sud de Tunis. Sfax doit sa prospérité à l’industrie, à la production d’huile d’olive et à son port.

Elle est située à la croisée des anciens axes de commerce maritime et caravanier. D’une part l’axe reliant les cités du nord au Sahara et l’Afrique subsaharienne (or, ivoire..) et d’autre part l’axe reliant le sud marocain et algérien au moyen orient (soie, tissus, épices…).

medina

Description

La Médina de Sfax est considérée aujourd’hui comme une des rares villes médiévales d’Afrique du Nord ayant gardé une trame urbaine peu modifiée malgré les remaniements subis par ses édifices au cours de l’histoire. Elle se présente comme un quadrilatère de 600 mètres sur 400, ceinturé complètement par des remparts crénelés en pierres de taille et moellons. L’axe principal est percé par les portes Bab al-Jebli et Bab ad-Diwan et fait avec le méridien nord-sud un angle de 22 degrés, ce qui correspond à l’orientation de la plupart des mihrabs des mosquées de Sfax.

Les datations épigraphiées sur les façades de la grande mosquée, des deux portes monumentales Bab al-Jebli et Bab ad-Diwan attestent de l’ancienneté de la Médina, de ses remparts et de la Grande mosquée fondées au IXème siècle de l’ère chrétienne, sous la dynastie arabe des Aghlabides. Cependant, peu de monuments et de maisons de cette époque ont été conservés.

Unique et régulière, la trame urbaine de la Médina, ne manque pas d’analogie avec celle d’une ville antique bien qu’aucune preuve archéologique ne puisse étayer à ce jour cette hypothèse.

Loin des circuits touristiques, la Médina est restée authentique, belle et vivante. On y trouve tous types de commerces de la vie courante et une tradition artisanale encore dynamique. Elle contient un ensemble d’équipements et de monuments qui se présentent de la manière suivante :

  1. Économiques et commerciales: une dizaine de souks (souk Rbaa, souk Kamour, souk Haddadine, …)
  2. Accueil : une cinquantaine de cafés, une trentaine de restaurants, 9 hôtels.
  3. Religieux : onze mosquées (grande mosquée, mosquée ajouzain, mosquée driba,…), vingt-deux salles de prière et une douzaine de zawias.
  4. Culturels : le musée d’art et de traditions populaires, le musée de la Kasbah, etc.

Aperçu historique

La médina de Sfax fut fondée au IXème siècle  par Ali Ibn Salem sous le règne d’Ahmed Ibn El Aghlab alors qu’elle n’était qu’une simple forteresse (Ribât),

Peut-être fut-elle construite sur l’ancienne ville romaine de Taparura. (grecque pour certains), Elle est aussi héritière de  la ville punique Thina,  fortifiée depuis le IVè S. a p. JC, et devenu plus tard romaine puis byzantine.

La conquête arabe ne fut pas ce cataclysme que certains aiment décrire. Arabo-musulmans, africains convertis à la foi nouvelle, et autochtones latino-chrétiens cohabitèrent longtemps à Thina.

Dès le Xe siècle, Sfax frappe par sa prospérité. Sur ce premier âge d’or, les témoignages de 2 éminents géographes :

Ibn Hawqal en 977 : «Sfax est entourée d’une belle forêt d’oliviers. L’huile que l’on y fabrique est exportée en Egypte, au Maghreb, en Sicile et en Europe (Roum) ;… Kerkinna renferme quelques débris de constructions anciennes et plusieurs citernes. Comme cette île est très fertile, les habitants de Sfax y envoient leurs bestiaux pour paître».

El Bekri ( XIè.S ) : «Sfax est une ville dont les principaux produits sont des olives et de l’huile, et il y en a dont l’équivalent ne se trouve pas ailleurs … Ils (les Sfaxiens) boivent de l’eau de citernes, lesquelles conservent un bon goût à l’eau et la préservent intacte. On y pêche du poisson d’une manière abondante… »
Au milieu du XIe siècle Sfax souffrit beaucoup de l’invasion hilalienne (tribus de bédouins venus des plateaux égyptiens). Son arrière-pays dévasté, son économie ruinée, elle se détacha, sous l’autorité de l’audacieux Ibn Mallil du pouvoir central.

En 1135,  les Normands de Sicile s’installent dans les Iles Kerkennah (magnifique archipel à une dizaine de km au large de Sfax). En 1148, ils conquirent Sfax, et emmenèrent en otage le savant juriste Aboul Hassen Al Feriani son chef spirituel.  La nuit de la St-Sylvestre 1156, les normands furent surpris en pleine fête et passés par les armes. El Feriani en fut le martyr volontaire.

Sfax devait aussi faire face tout au long de ces siècles aux incursions des navires européens particulièrement  les Aragonais et les Catalans qui étaient solidement implantés à l’archipel de  Kerkennah de 1287 à 1335.

Avec les Hafsides (13e-16e s), le retour au calme aida la ville à retrouver sa prospérité. Ses monuments furent restaurés, ses remparts reconstruits en pierres, ils prirent leur aspect définitif en 1306.

Le corsaire Dragut prit la ville en 1558 et emmena une quarantaine de familles Sfaxiennes pour peupler Tripoli, la capitale.

Au 17e S., Sfax se construit sur les conseils du Cheikh Ali Nouri, une flotte pour se défendre contre les attaques des navires chrétiens. Ali Pacha et Hammouda Pacha confièrent à cette flottille des missions dans le golfe de Gabès. Au 18e siècle, la ville connut une réelle prospérité.
En 1864, Lorsqu’éclata le soulèvement dirigé par Ali Ben Ghdeahem, Sfax, après des hésitations se souleva et demanda la déchéance des Beys et le rattachement de la Tunisie à l’empire ottoman. Mais l’échec de l’insurrection fit subir à la ville une dure répression.

En juillet 1881, la ville opposa une résistance héroïque, mais sans espoir, aux forces de l’occupation françaises. Les chefs de la résistance furent à l’intérieur des remparts. Sous l’impitoyable bombardement, la ville a été prise par l’amiral Garnault le 16  juillet 1881.

Patrimoine national

La médina abrite 6 monuments classés patrimoine national

  • La grande mosquée (13/03/1912)
  • Les remparts (13/03/1912 et 15 mars 1934)
  • Le minaret de Sidi ILyes (25/01/1922)
  • Le minaret de Sidi Omar Kammoun (25/01/1922)
  • La façade de la maison Mezghanni (25/01/1922)
  • La salle de prière Sidi Bahri.